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20 septembre 2007
Exposition personnelle - Nyon (Suisse) "Trois lieux, trois couleurs"
Nyon (Suisse)
Trois lieux, trois couleurs…

L’artiste peintre et architecte Bernard Boujol, se réinvente au travers d’une nouvelle exposition qui laisse de côté - l’espace de cent dessins - son travail d’artisan amoureux de la matière et de la chaux. « Trois lieux, trois couleurs » ou comment décrire sans langage et sans photo, trois voyages qui par leur beauté ont changé, un tant soit peu, le cours des choses… le cœur d’un homme.

Grâce à « L’image derrière l’image » en 2006, nous avions découvert un artiste affirmé et engagé, renonçant aux faux-semblants et nous proposant des interrogations. Cette série de toiles devait en amener une autre, alliant une nouvelle fois, chaux, volumes, formes et pigments naturels ; mais le peintre s’est égaré en chemin. Rentrant d’un voyage en Chine, il se laisse entraîner par une frénésie de peinture. Il peint et peint encore, utilisant ses nouveaux souvenirs et couchant sur le papier les émotions nées dans trois lieux bien distincts.

« Trois lieux, trois couleurs » est un hommage aux paysages, aux êtres et aux corps qui font et habitent trois terres de ce monde :

• L’initiation commence à Roussillon, en France ; à travers l’ocre, le mélange sanguin de marron et de jaune émeut par sa mélancolie pudique et sa poésie. La terre, les sédiments et la terre encore, s’entrelacent sous les yeux comme une douce rengaine.
• On s’attarde ensuite sous le ciel indigo d’une autre série de dessins ; on y recherche peut-être des étoiles et l’on s’invente cosmologue. L’artiste expliquera que ce ciel reflète celui du pays Dogon - au Mali - et que ce bleu des merveilles le chamboule par sa force et son intensité.
• La dernière étape de ce voyage guide les regards sur des calligraphies candides et détournées. Il y a le noir, l’encre de Chine et ça et là le rouge. On décèle des corps qui dansent et cette version personnelle de l’hommage à la capitale de l’écriture - étape finale de la route de la soie et ancienne capitale de la Chine impériale - Xi An - prend des airs d’art africain.

On se perdrait sans doute si l’on passait nonchalamment d’un continent à l’autre, du ciel à la terre puis de la terre à l’être, mais pas ici. Le peintre s’est fait guide et avec assurance il a créé un fil conducteur évident, la douceur du mouvement. Chaque œuvre obéit à la même règle : l’image est un tout fait de multiples facettes.

En insistant sur la composition, on imagine que l’inspiration s’est portée d’abord sur les secteurs séparés par la blancheur du papier pour se concentrer ensuite sur les détails. L’esprit du détail, parlons-en ! Le travail de recherche sur l’application des couleurs, notamment celles qui engendrent la série « Roussillon » avait débuté il y a une dizaine d’années. Il en est de même pour la technique qui permet le pré-découpage des secteurs de chaque dessin. Le goût de la recherche et de la découverte encore…

Voici sans doute ce qui explique que le peintre nous confie avoir découvert de nouveaux plaisirs à peindre.

Perrine Rouiller

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